Nous verrons, dans une première partie, qu’une politique de relance isolée semble difficilement envisageable. Nous verrons, ensuite, que cette politique reste possible et efficace, sous condition.
I. Une relance isolée est difficilement envisageable
A. Une relance isolée risque d’être inefficace
Plus un pays est ouvert aux échanges internationaux, plus la relance risque de profiter aux partenaires commerciaux. La relance se traduit en effet par davantage d’importations ce qui dope la croissance des autres pays plutôt que la sienne. C’est l’un des aspects de la « contrainte extérieure ».
Ex. : échec de la relance française en 1981-1982.
B. Le Pacte de stabilité limite les possibilités de relance
Les pays de l’Union européenne se sont engagés, lors du “Traité de Maastricht” en 1992, à ne pas dépasser certaines limites d’endettement et de déficit budgétaire. La dette publique ne doit pas excéder 60 % du PIB et les déficits ne doivent pas être supérieurs à 3 % du PIB. Tout pays qui dépasse ces limites ou qui est proche, ne peut plus relancer son économie car il enfreint alors le contrat juridique et moral entre lui et ses partenaires européens. Il reste même de payer une amende pour infraction de règles financières.
II. Mais reste possible
A. Une relance est possible si le pays a des marges de manœuvre
Une relance est possible si le pays a fait des efforts pour assainir ses finances publiques en période de croissance. Le “Pacte de stabilité et de croissance”, signé en 1997, recommande à chaque pays de tendre vers l’équilibre budgétaire et de réduire ses dettes en période de croissance, afin qu’en cas de récession, il puisse adopter une politique de relance volontariste et respecter ses engagements c’est-à-dire ne pas dépasser les critères fixés par le “Traité de Maastricht”.
B. Une relance peut être efficace car la contrainte extérieure est moindre
En Europe, une relance isolée est intéressante dans la mesure où le pays qui relance l’activité ne subit plus les conséquences monétaires de sa politique. Normalement, toute relance se traduit premièrement, par un surcroit d’inflation (qui réduit le pouvoir d’achat des prêteurs, ce qui fait fuir les capitaux à l’étranger où l’inflation est moins forte) et, deuxièmement, par une croissance des importations (qui peut générer un déficit commercial). Ces deux effets conjugués poussent à la dépréciation du taux de change c’est-à-dire à la baisse de la valeur de la monnaie en devises. Cette dépréciation renchérit le coût des importations, ce qui entraine un accroissement du déficit commercial et une hausse de l’inflation (puisque les entreprises répercutent la hausse de leurs coûts de production due aux importations, comme le pétrole ou le gaz, sur les prix). Le cercle vicieux s’enclenche et le mécontentement des ménages, qui perdent du pouvoir d’achat, se fait entendre. Il est alors nécessaire, pour assurer la stabilité des taux de change et conserver les capitaux internationaux, qui financent la dette de l’État et celle des entreprises, d’augmenter les taux d’intérêt. Rien de tel avec l’euro. En effet, un pays qui relance son économie ne subit ni les variations de change, ni la hausse du taux d’intérêt, puisque ces deux éléments dépendent des résultats globaux de la zone euro et pas de la situation d’un seul pays. Si donc un pays décide seul de relancer son économie, cela n’aura aucun effet sur le taux de change et le taux d’intérêt de la zone euro.
De plus, même si le taux de change devait avoir lieue, parce qu’un grand nombre de pays décidaient de relancer leurs économies séparément, chacun en son temps, sans se préoccuper de la politique menée par les autres, l’effet sur la variation de change serait limitée. Car la zone euro est relativement peu ouverte au reste du monde.
© Corrigé proposé par Filipe De Oliveira sur http://coursdeses.wordpress.com – 2008







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