Les politiques économiques conjoncturelles : (1) objectifs

16 05 2008

Les politiques conjoncturelles sont les mesures que peuvent prendre les gouvernants pour modifier la conjoncture économique c’est-à-dire la situation économique d’un pays à un moment donné. Ce qui est conjoncturel, c’est ce qui est passager, ce qui change. Les politiques conjoncturelles visent donc un résultat à court terme.

Voyons les objectifs en détails.

OBJECTIF n° 1 : La CROISSANCE ÉCONOMIQUE

La croissance économique, qui est l’augmentation des richesses créées pendant une période donnée, conditionne plusieurs choses :

  • le pouvoir d’achat des ménages (plus il y a de croissance, plus les salaires distribués et les dividendes reversés aux actionnaires vont être importants) ;
  • les recettes de l’État (plus il y a de croissance économique, plus les pouvoirs publics reçoivent d’impôts) ;
  • la création d’emplois.

OBJECTIF n° 2 : Le PLEIN EMPLOI

Plein emploi ne signifie pas absence totale de chômage. Il y a toujours un niveau de chômage incompressible :

  • chômage frictionnel lié au temps de recherche d’emploi et au processus de sélection ;
  • chômage saisonnier lié au caractère transitoire de telle ou telle activité économique (tourisme, arts et spectacle…)
  • chômage structurel lié à l’inadéquation entre les qualifications recherchées et celles qui sont offertes, aux difficultés de mobilité géographiques de la main-d’œuvre.

Le plein emploi c’est l’absence de chômage conjoncturel, celui qui est du à l’inquiétude des ménages qui ont peur de l’avenir et qui réduisent leur consommation, ce qui se traduit par une baisse d’activité des entreprises.

OBJECTIF n° 3 : La MAITRISE DE L’INFLATION

La maîtrise de l’inflation est importante pour de nombreux acteurs :

  • Les ménages qui ne veulent pas voir leur pouvoir d’achat réduit par la hausse des prix des biens et services qu’ils consomment (l’inflation risque de provoquer des conflits sociaux, grèves et manifestations, pour la revalorisation des salaires et revenus sociaux donc maîtriser l’inflation c’est aussi limiter les revendications et troubles sociaux) ;
  • Les investisseurs internationaux qui placent leur argent dans le pays et qui veulent que leur capital s’apprécie, qu’il gagne de la valeur, non qu’il se déprécie du fait de l’inflation. Ces investisseurs internationaux (banques, assurances, fonds de pension qui gèrent les retraites de ménages étrangers…) exigent donc, en contrepartie de l’inflation, une “prime de risque” c’est-à-dire des taux d’intérêt plus élevés pour acheter les obligations de l’État ou des entreprises. La maîtrise de l’inflation permet aux entreprises et aux pouvoirs publics d’emprunter à des taux d’intérêt plus faibles. Le financement de leur activité est donc moins coûteux et leurs projets plus rentables.
  • Les entreprises qui sont en concurrence avec des entreprises étrangères veulent aussi que l’inflation soit maîtrisée. La stabilité des prix (des produits qu’ils achètent, des salaires qu’ils versent) est importante car elle conditionne leur propre prix de vente. Si leur prix reste stable ou augmente moins que ceux de leurs concurrents étrangers parce que notre inflation est inférieure à celle des pays étrangers, alors la compétitivité de nos entreprises s’améliore. C’est ce que l’on appelle la désinflation compétitive : la maîtrise de l’inflation (ou la réduction de l’augmentation des prix) améliore la capacité de nos entreprises à vendre leurs produits par rapport à leurs concurrents étrangers.

OBJECTIF n° 4 : L’EQUILIBRE DES ÉCHANGES EXTÉRIEURS

L’équilibre extérieur signifie que le solde de la balance commercial est nul : les exportations sont égales aux importations. Cet équilibre extérieur signifie que les achats à l’étranger sont de même valeur que les ventes à l’étranger. La stabilité du commerce garantie donc la stabilité de la valeur de la monnaie :

  • Si les exportations sont équivalentes aux importations alors les achats de devises sur le marché des changes (pour payer les fournisseurs étrangers) et les ventes de devises (reçues de l’étranger) se compensent, donc la valeur du taux de change reste stable.
  • Si les exportations sont plus importantes que les importations – il y a un excédent extérieur - alors la demande (achats) de monnaie nationale étant supérieure à l’offre (ventes) de monnaie nationale, ou ce qui est pareil, la demande de devises étant inférieure à l’offre, le taux de change s’apprécie : la monnaie à tendance à gagner de la valeur.
  • Un un déficit extérieur va conduire à un mouvement de dépréciation de la monnaie.

Ces variations de change sont source de mécontentement :

  • L’appréciation de la monnaie est positive pour les importateurs qui achètent moins chers les produits étrangers, mais pénalise les exportateurs qui voient leur compétitivité-prix se réduire ; elle favorise les touristes nationaux qui vont à l’étranger, mais réduit le pouvoir d’achat des touristes étrangers qui viennent sur notre territoire.
  • La dépréciation de la monnaie avantage les exportateurs et les touristes étrangers, mais pénalise les importateurs et les touristes nationaux à l’étranger.

Conclusion

Ces 4 objectifs sont incompatibles entre eux. La croissance et l’emploi vont de pair, ainsi que l’inflation et l’équilibre extérieur. Mais ces deux couples sont contradictoires.

La croissance et le plein emploi génèrent de l’inflation.

  • D’une part, parce que sur le marché des biens et services, une croissance élevée et durable signifie que les carnets de commande sont pleins. Les producteurs n’arrivent pas à satisfaire toute la demande ce qui conduit à des augmentations de prix. Par exemple, dans l’immobilier, la construction de nouveaux logements met du temps, l’offre s’adapte lentement à la demande, ce qui entraîne une augmentation des prix car la concurrence est plus vive entre les demandeurs.
  • D’autre part, sur le marché du travail les difficulté de recrutement de la main-d’œuvre obligent les entreprises à augmenter les salaires et elles répercutent ces augmentations de leur coût sur les prix.

La croissance et le plein emploi génèrent un surcroît d’importations. La croissance et le plein emploi peuvent conduire à un déficit extérieur.

  • Les ménages consomment certes plus de biens et services produits dans le pays, mais ils utilisent également leurs revenus supplémentaires générés par la croissance pour acheter des biens et services produits à l’étranger.
  • Les entreprises sont amenées à investir en achetant des biens de productions de l’étranger et à s’approvisionner en matières premières indispensables. L’augmentation des importations peut se traduire par un déséquilibre du solde extérieur.

A l’inverse, une récession économique qui s’accompagne de plus de chômage, réduit la consommation des ménages et les dépenses d’investissement des entreprises, donc génère une diminution des importations qui peut aboutir à un équilibre voire un excédent extérieur.

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attention1ère partie :  Les politiques économiques  conjoncturelles  :  OBJECTIFS

2e partieLes politiques économiques conjoncturelles  :  POLITIQUES MONÉTAIRES ET BUDGÉTAIRES

3e partieLes politiques économiques conjoncturelles : LE CADRE EUROPÉEN


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