Les politiques économiques conjoncturelles sont de deux ordres : il y a la politique monétaire et la politique budgétaire. Chacune de ces politiques peut servir à atteindre soit un objectif de croissance (c’est la politique de relance) soit un objectif de maîtrise de l’inflation (c’est la politique de rigueur).
Voici quelques explications sur les mécanismes de la politique monétaire (I) et de la politique budgétaire (II).
I. La politique monétaire
La politique monétaire est du ressort de la Banque centrale.
1. LA POLITIQUE DE RELANCE
Les objectifs. La politique monétaire peut servir à relancer l’économie c’est-à-dire augmenter la croissance économique et l’emploi. Cette politique est dite expansive ou expansionniste.
Le principe. En réduisant son taux d’intérêt directeur, le plus bas du marché, la Banque centrale qui est la banque des banques permet aux banques commerciales d’emprunter à un coût plus faible ce qui leur permet de réduire le taux d’intérêt qu’elles proposent à leurs clients. Cette baisse des taux d’intérêt incite
(1) à débloquer son épargne qui rapporte moins,
(2) à emprunter pour dépenser, puisque le coût en est réduit.
Les ménages et les entreprises profitent de la baisse pour effectuer des achats de biens de consommation et de biens de production. Cette demande supplémentaire adressée aux entreprises implique un surcroît de production pour y répondre, donc de croissance. Les entreprises peuvent être amenées à embaucher des intérimaires, des salariés en CDD ou en CDI selon leurs prévisions de la durabilité de cette demande.
Les limites.
(a) Les banques peuvent ne pas répercuter la baisse des taux immédiatement.
(b) La croissance générée peut s’accompagner d’une augmentation de l’inflation non désirée.
(c) Les emprunts réalisés par les ménages ou les entreprises peuvent se traduire par des importations plutôt que par des achats de biens et services produits sur le territoire national. La politique monétaire profite alors davantage aux autres pays partenaires qu’à la nation. Cela dépend du degré d’ouverture du pays, de sa dépendance vis-à-vis des pays étrangers, en termes d’importations et d’exportations. Les petits pays sont plus dépendants que les grands pays. La contrainte extérieure est donc plus forte pour un pays comme la Belgique que pour la France (taux d’ouverture de 30 %), et que pour la France que pour les États-Unis (taux d’ouverture de 10 %).
! Voir le DIAPORAMA sur les effets d’une politique monétaire expansionniste
2. LA POLITIQUE DE RIGUEUR
Objectifs. La politique monétaire restrictive vise à réduire ou contenir l’inflation et à limiter le déficit extérieur.
Principe. En augmentant son taux d’intérêt directeur, la Banque centrale durcit les conditions d’octrois de prêts aux banques. Celles-ci répercutent la hausse du taux d’intérêt sur leurs clients ce qui encourage à l’épargne et ce qui décourage les emprunts. La demande est alors moins importante, la croissance se calme voire se brise, les tensions sur les salaires s’assouplissent. Les prix augmentent moins vite.
Les limites. La croissance est ralentie voire sacrifiée, le pays peut entrer en récession, le chômage peut devenir plus important.
II. La politique budgétaire
La politique budgétaire est l’action menée par les gouvernants en usant de leur budget c’est-à-dire en actionnant le levier des dépenses ou celui des recettes pour aboutir au résultat escompté.
1. LA POLITIQUE DE RELANCE
Objectifs et principe. Pour relancer la croissance et l’emploi, les pouvoirs publics ont le choix entre
(a) Dépenser davantage :
- soit en menant des politiques de grands travaux pour offrir des débouchés aux entreprises privées ou publiques (cf. New Deal en 1933 aux États-Unis pour lutter contre le chômage de masse) ;
- soit en augmentant le montant des aides sociales ou en créant de nouvelles prestations, soit en finançant des emplois publics supplémentaires (cf. les “emplois jeunes” du gouvernement de Lionel Jospin en 1998-2002).
(b) Réduire les impôts des ménages (cf. politique menée en 2008 par le gouvernement Bush aux États-Unis qui redonne 157 milliards $ aux ménages) ou des entreprises. Les libéraux privilégient plutôt ce type de mesure, à la fois pour obliger les pouvoirs publics à réduire leurs dépenses dans l’avenir pour équilibrer le budget à long terme.
Dans les deux cas, les pouvoirs publics injectent du pouvoir d’achat supplémentaire dans l’économie. Ce qui doit permettre aux ménages et aux entreprises de dépenser plus qu’ils ne le font. Cette demande nouvelle qui se traduit par plus de production pour les entreprises génère donc de la croissance et des emplois.
Les limites.
(a) Il y a, tout d’abord, le coût budgétaire d’une telle mesure. Le déficit généré se traduit par un endettement qui a implique le paiement d’un intérêt. En France, le règlement des intérêts de la dette est le 2e poste de dépense de l’État, il représente 15 % des dépenses totale de l’État soit autant que la Défense et la Justice réunis.
(b) Il y a, ensuite, le risque d’accroître l’inflation :
- donc les tensions sociales ;
- et les fuites de capitaux à l’étranger (les investisseurs internationaux vont placer leur argent dans des pays où le taux d’inflation est plus faible, ce qui peut poser problème pour le financement des entreprises et des administrations, qui sont alors obligées de proposer des taux d’intérêt plus élevés pour garder ces capitaux en compensant la perte de la valeur de la monnaie par un intérêt plus important).
(c) Il y a, enfin, le risque que l’objectif ne soit pas atteint. Les ménages et les entreprises peuvent, en effet :
- soit épargner une partie de ce revenu supplémentaire lorsqu’il est redistribué par les baisses d’impôts,
- soit ils peuvent utiliser ces ressources pour importer des biens et services, ce qui stimule la croissance des pays étrangers (c’est la contrainte extérieure : les pays ne sont pas en autarcie, les agents économiques peuvent privilégier les achats à l’étranger plutôt que la production nationale).
! Voir le DIAPORAMA sur les effets d’une POLITIQUE BUDGETAIRE DE RELANCE
2. LA POLITIQUE DE RIGUEUR
L’objectif. Cette politique vise la maîtrise de l’inflation et du déficit extérieur.
Principe. Les gouvernants réduisent les dépenses publiques (nombre de fonctionnaires, salaires des agents, aides sociales versées, gel des investissements publics…) et augmentent les prélèvements (augmentations des taxes, des cotisations…).
Limite. La rigueur se traduit par la récession et un surcroît de chômage. C’est une politique impopulaire donc pas toujours possible politiquement si les gouvernants veulent être réélus.
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1ère partie : Les politiques économiques conjoncturelles : OBJECTIFS
2e partie : Les politiques économiques conjoncturelles : MOYENS
3e partie : Les politiques économiques conjoncturelles : LE CADRE EUROPÉEN









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